Lille Métropole 2020 World Design Capital

« Vivre, cela prend trop de temps aux gens », ironisait l’écrivain polonais Jaroslaw Iwaszkiewicz. Se déplacer aussi. Imaginons que la moitié des actifs de la métropole décale ses horaires de travail d’une heure ? On peut supposer qu’il y aurait moins de monde sur les routes et dans les transports en commun aux heures de pointe… Le schéma directeur des infrastructures de transports (SDIT) adopté par la MEL en juin 2019 ambitionne de s’attaquer aux problèmes de mobilité dans la métropole par le « dur ». C’est-à-dire par la création de nouvelles lignes de transport en commun*. 

Le POC « Heures de pointe » vient compléter ces actions avec une autre approche. « Il s’agit de chercher des solutions en lien avec la gestion du temps. Et d’aboutir à un véritable outil d’aide à la décision pour les entreprises du territoire qui vont s’en emparer afin d’enrichir leur plan de mobilité, confient Coline Carême et François Lescaux, du bureau des temps de la MEL. Le problème de congestion urbaine aux heures de pointe est lié à l’organisation de la société et des modes de travail, et pas uniquement à l’offre de transports. » Trois types d’actions sont d’ores et déjà imaginés : des solutions liées à la mobilité, comme la promotion des transports en commun, l’incitation aux modes doux, au covoiturage… ; des solutions de service, comme les conciergeries sur le lieu de travail, la mutualisation de garde ou de conduite d’enfants ; enfin, des actions liées à l’organisation du travail, par exemple le télétravail, le télétravail ˝heures de pointes˝ (on travaille chez soi jusqu’à 9 ou 10 heures et ensuite on se rend au bureau en échappant à la cohue), la mise en place d’horaires variables avec une souplesse dans l’heure d’arrivée et de départ, ou encore l’incitation des entreprises à faire venir leurs fournisseurs à des horaires décalés. 

S’organiser contre la congestion urbaine

Mettre en place de telles mesures nécessite que les entreprises s’en emparent et qu’elles encouragent leurs salariés à réfléchir différemment à leurs déplacements. C’est tout le fondement de ce POC, démarré officiellement en décembre 2019, qui repose sur l’angle fondamental de la conciliation des temps de vie : imaginer un outil d’aide à la décision, pour que les entreprises choisissent, parmi ce panier d’actions, celles qui leur conviennent et répondent à leurs problématiques. Celui-ci va prochainement être testé par quatre entreprises volontaires, de typologies et de lieux d’implantation différents. Deux ateliers design pour imaginer l’outil ont été organisés au mois de mars, avec un comité réunissant des partenaires institutionnels, les opérateurs de transport, la chambre de commerce et d’industrie, des spécialistes de la mobilité et des relais d’entreprise. En parallèle, deux expérimentations sont menées pour démontrer l’efficacité de ces actions : une conciergerie interentreprises et l’incitation à la réflexion sur l’organisation du travail (télétravail/​souplesse horaire), pour un déploiement dès septembre 2020 avec d’autres entreprises

*Vingt-sept projets structurants vont voir le jour dans les prochaines années : prolongation du métro, nouvelles lignes de tramway et de bus à haut niveau de service, et mise en place d’un réseau express régional (RER) en lien avec la région Hauts-de-France et en articulation avec les réseaux de transports de la MEL.

Crédit photo : MEL